Biographie
« Avec ces puissants riffs telluriques à l’efficacité imparable, le quintet de trentenaires stéphano-lyonnais hypnotise le public et les professionnels. »
PORTRAIT Arpad Flynn
« Taillés dans le rock »
« Arpad Flynn, c’est une couleur, une patte. C’est curieux avec cet abondant brassage d’influences. Mais comme il est bien digéré; leur musique demeure personnelle, habitée». Christophe, inconditionnel fan de la première heure n’est pas le seul à porter un regard aussi enthousiaste sur le combo rock. Notamment en région Rhône-Alpes.
Seulement quelques mois après sa création en 1998, le parfum vintage d’Arpad Flynn enflamme. D’abord le public et aussi le jury de leur premier tremplin, au Métropolis 42 à Saint-Étienne. De quoi décrocher une très honorable seconde place! «On a fini juste derrière Dub Inc. La veille, ils avaient fait la première partie de Sensemillia» se souviennent, encore émus les piliers du groupe.
Et depuis, ces «cavaliers de l’apocalypse sonore» , collectionnent les prix. Et pas des moindre. Ils sont, en autres, proclamés grand vainqueur du Coup de pouce 2006 du renommée Festival Paroles et musiques.
Indéniablement, les relents de Sonic Youth distillés par Arpad Flynn hypnotisent les «professionnels de la profession». À l’instar de Philippe Di Maggio. L’ex-patron de la mission musique à la Ville de Saint-Étienne est conquis par leurs convulsions visuelles et mélodiques sur la scène principale de la Fête de la musique en 2005. Il propulse ses protégés sur la scène Off des prestigieuses Transmusicales de Rennes. La Salle de musiques actuelles, Le Fil à Saint-Etienne, leur ouvre, elle aussi, grandes ses portes. Et les convie à une résidence. Et aujourd’hui, Arpad Flynn franchit la première étape des sélections régionales pour le Printemps de Bourges 2010.
Pourtant, le quintet énergique « ne fait que deux concerts par an» comme le souligne, un rien railleur, Alex.Pourquoi en onze ans d’existence, Arpad Flynn, repéré dès la première heure, demeure uniquement (re)connu dans ses terres rhônalpines et ne se produit pas plus?
Une chose s’avère certaine: les Flynn n’ont pas le profil de ces candidats de radio crochets télévisés attirés par les sunlights et la consécration rapide , mais éphémère. Eux composent, répètent inlassablement. Ils travaillent d’arrache-pied. En coulisses.
Arpad Flynn, l’histoire.
«Depuis, la première répet, on n’a plus un samedi de libre. C’est n’importe quoi» soupirent, avec humour, Alexandre Sérodio, le chanteur et Benjamin Digonnet, le guitariste. Ces deux membres originels se souviennent de la création en 1998. Ils sont quatre amis, tout juste majeurs, « qui font de la musique sans se poser de questions» dans le grenier surchauffé de l’un d’entre eux. Ils fourbissent leurs armes musicales sur les incontournables rock des 70’s voire 80’s.
Très vite, ils se « piquent au jeu et rentrent dedans à fond». Certains ont suivi des cours de musique, une formation musicale depuis leur plus tendre enfance; d’autres sont totalement autodidactes. Première scène, le 27 février 1999, « un mardi» à l’Express Club à Roche-la-Molière. Émouvant. En 2004 sort le premier maxi, Leave your hometown and put your body for sale. «A oublier» s’amuse Alex. Ils oublient aussi certains membres restés sur le bas-côté de la route, pour leur manque d’ambition et surtout de connivences artistiques. Ils laissent aussi tomber les reprises et peaufinent leur identité musicale.
La formation tâtonne, se cherche. Autoproduit Never Ending-Déjà vu en 2006.
«L’opus est dominé par l’ombre de Depeche Mode, Talking Heads, Joy Division et The Cure. Les rythmes sourds sont martelés avec insistance, bataillant ferme avec une guitare des plus métalliques. Le synthé taillade les arpèges comme seul un jeu vidéo de l’époque pouvait le faire, tandis que la voix oscille entre note perchée et résonance caverneuse. Les envolées sont maîtrisées avec justesse au moyen de son massif» écrit un chroniqueur musical à la sortie de l’album.
«Froid, sombre, pessimiste, c’est un disque à écouter au mois de novembre» sourit Alex. «C’était notre première expérience en studio, pas vraiment réussie» estime Ben Pourtant El Magifico, notamment résonne encore dans les oreilles des fans. « Pour nous, ce fut un accouchement difficile» tempèrent les anciens. Pas simple de trouver une réelle stratégie. Jusqu’à ce mois de mai 2009.
Le déclic. C’est le déclic, avec l’arrivée de Simon Chomel et Frédérique Mayen Blanc. Émerge la nouvelle formation stéphano-lyonnaise (si, si c’est possible). Aujourd’hui, ils sont cinq: Julien Duchamps aux claviers, Alexandre Sérodio au chant et à la guitare, Benjamin Digonnet à la guitare, Frédéric *Mayen Blanc à la batterie et Simon Chomel à la basse. «Rarement nous avons été aussi homogènes en terme d’influence» reconnait le quintet. Certes, Alex demeure le leader charismatique, qui ne marche pas à l’économie; et sait nouer les contacts incontournables dans l’univers musical. Précieux. Mais musicalement, « c’est collégial». Et collectif aussi. « On est cinq à jouer, mais il y a aussi les autres qui forment le clan Flynn» reconnaissent, tous de concert. Des personnes désintéressées, comme Olivier de Zan, croisé lors d’un concert. «On ne sait pas se vendre alors, il a accepté de nous manager. C’est surtout un peu notre maman à tous». Et son avis compte, comme celui des fidèles, là toujours dans l’ombre d’Arpad Flynn. « La musique, c’est subjectif. Ce n’’est pas comme au foot ou on marque des buts ou pas» souligne Simon, heureux des critiques, toujours constructives dans l’évolution du groupe.
Fort de ses soutiens inconditionnels, Arpad Flynn se sent pousser des ailes. Début 2010, Anti Aging Solution sera dans les bacs. « C’est une crème de jour qui fait des miracles» s’exclame Julien. Plus sérieusement, les morceaux relatent l’histoire d’un criminel en série qui transforme ses meurtres en œuvres d’art. Un vénéneux Parfum de Süskind flotte sur les sept titres de cet album concept.
Chut, inutile d’espérer que les Arpad Flynn en dévoilent plus. D’autant qu’ils sont déjà très impliqués dans le prochain album. « La moitié est déjà prête» annonce Simon.
« Là on franchit un cap» pressant Julien. « Oui, notre groupe fonctionne par palier» renchérit Alex.



